Perdre du Poids ou Perdre du Gras

Laurianne Chignard • 15 mars 2025

Pourquoi la perte de poids brute n’est pas un indicateur suffisant

Lorsque vous cherchez à perdre du poids, vous avez peut-être le réflexe de vous fier uniquement au chiffre affiché sur la balance. Pourtant, cet indicateur est trompeur et ne reflète pas la nature de cette perte. Perdre du poids ne signifie pas nécessairement perdre du gras, et c’est bien là tout l’enjeu d’une démarche réussie. Une perte de poids mal contrôlée peut avoir des conséquences négatives sur la santé, tandis qu’une approche centrée sur la composition corporelle permet d’obtenir des résultats durables et bénéfiques.


Au-delà du chiffre sur la balance

Votre poids total est la somme de plusieurs composantes : la masse grasse, qui correspond aux tissus adipeux, la masse musculaire, qui regroupe l’ensemble des muscles squelettiques, l’eau corporelle, qui varie en fonction de l’hydratation, de l’alimentation et de l’activité physique, ainsi que les os et les organes, qui forment la structure sèche du corps. Une perte de poids peut donc résulter d’une diminution de la graisse, mais aussi d’une fonte musculaire, d’une perte d’eau ou encore d’une réduction de la densité osseuse. Ces variations ne sont pas équivalentes en termes de santé et de bien-être.


Si vous vous fiez uniquement à votre balance, vous risquez d’interpréter une perte rapide comme une réussite, alors qu’elle peut résulter d’une simple déshydratation ou d’une fonte musculaire. À l’inverse, si vous pratiquez une activité physique et que vous développez votre masse musculaire tout en perdant de la graisse, votre poids peut sembler stagner, voire augmenter, alors que votre silhouette s’affine et que votre santé s’améliore.

L’importance de préserver la masse musculaire
Lorsque vous cherchez à perdre du poids, votre objectif devrait être de réduire votre masse grasse tout en protégeant, voire en développant votre masse musculaire. Le muscle joue un rôle essentiel dans votre équilibre métabolique. Plus votre masse musculaire est élevée, plus votre métabolisme de base est actif, ce qui signifie que votre corps brûle naturellement plus d’énergie, même au repos.
Le muscle est également indispensable à votre force et à votre mobilité. Il protège vos articulations, soutient votre posture et réduit le risque de douleurs chroniques. En vieillissant, maintenir une bonne masse musculaire devient crucial pour éviter la sarcopénie, cette perte progressive de la force qui limite l’autonomie. Il contribue aussi à la densité osseuse, en stimulant la formation osseuse à chaque contraction musculaire.
Une perte de poids mal contrôlée entraîne souvent une fonte musculaire. Si votre alimentation est trop restrictive ou que votre activité physique est mal adaptée, votre organisme peut puiser dans vos muscles pour compenser le déficit énergétique. Vous risquez alors d’éprouver une fatigue accrue, une baisse de votre métabolisme et une perte de tonicité.

Le rôle de l’activité physique dans une perte de poids qualitative
Si vous voulez perdre du gras tout en préservant votre masse musculaire, il est mieux d’associer une alimentation adaptée à une activité physique régulière. La pratique du sport stimule le métabolisme et favorise l’utilisation des réserves de graisse comme source d’énergie. Contrairement aux idées reçues, les exercices cardiovasculaires ne suffisent pas toujours. Il est tout aussi important d’intégrer du renforcement musculaire, qui permet de maintenir et de développer votre masse musculaire tout en favorisant la combustion des graisses.
L’idéal est de combiner différentes formes d’activité : des exercices de musculation ou de gainage pour renforcer les muscles, des séances d’endurance modérée comme la marche rapide ou le vélo pour optimiser la dépense énergétique et un travail sur la souplesse et l’équilibre pour préserver la mobilité et prévenir les blessures. En parallèle, une alimentation équilibrée, riche en protéines de qualité et en micronutriments essentiels, permet d’accompagner ces efforts en favorisant la récupération musculaire.
Le sport n'est pas indispensable, mais il aide beaucoup. 

Attention aux pertes de poids rapides
Une perte de poids trop rapide n’est jamais un bon signe. Lorsque l’apport calorique devient insuffisant, votre corps réagit en ralentissant son métabolisme et en cherchant des sources d’énergie alternatives. Vous perdez alors du muscle, ce qui rend la stabilisation du poids plus difficile à long terme. De plus, un déficit énergétique trop important peut entraîner une fatigue chronique, des troubles du sommeil et des carences nutritionnelles qui fragilisent l’organisme.
L’utilisation des diurétiques ou des régimes drastiques accentue ce phénomène en entraînant une perte rapide d’eau corporelle. Si vous vous pesez après quelques jours de restriction ou après avoir consommé des produits visant à éliminer l’eau, le chiffre sur la balance peut baisser de façon impressionnante. Pourtant, cette perte est trompeuse, car il ne s’agit pas de graisse. Dès que vous réhydratez votre organisme, votre poids remonte, créant une frustration qui pousse souvent à reprendre des habitudes alimentaires déséquilibrées. C’est un cercle vicieux qui favorise l’effet yo-yo et met à mal votre équilibre métabolique.
Plutôt que de chercher des résultats immédiats, il est préférable d’opter pour une démarche progressive, qui permet à votre corps de s’adapter en douceur et d’éviter ces adaptations délétères. L’objectif n’est pas seulement d’afficher un chiffre plus bas sur la balance, mais de se sentir mieux dans son corps et d’améliorer sa santé globale.

Un suivi précis pour une approche personnalisée
Pour évaluer la qualité de votre perte de poids, il est essentiel de s’intéresser à votre composition corporelle. Lors de mes consultations, je réalise un bilan précis qui permet de mesurer la répartition entre votre masse grasse, votre masse musculaire et votre eau corporelle. Cet outil me permet d’adapter votre prise en charge en fonction de votre évolution et de vous proposer un programme alimentaire et sportif réellement adapté à vos besoins.


Perdre du poids ne doit jamais être un objectif en soi, mais un moyen d’améliorer votre santé et votre bien-être. En privilégiant une approche raisonnée et individualisée, il est possible d’obtenir des résultats durables sans mettre votre organisme en danger.
Si vous souhaitez être accompagné(e) dans cette démarche et bénéficier d’un suivi précis, je vous invite à me contacter. Ensemble, nous pourrons définir une stratégie adaptée à votre corps et à vos objectifs.

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Quand j'ai intégré le Z-Métrix à ma pratique il y a bientôt dix ans, ce n'était pas par effet de mode. C'était une réponse concrète à une limite que je ressentais au quotidien : la balance seule ne raconte qu'une partie de l'histoire. Un chiffre sur un écran ne distingue pas le muscle de la graisse, l'eau de la masse cellulaire. Et pourtant, c'est précisément cette distinction qui change tout dans l'accompagnement d'un patient. Le Z-Métrix est un appareil de bioimpédance multifréquence, et c'est celui que j'utilise en cabinet depuis près d'une décennie. Je tiens à être claire : il n'est pas indispensable à une bonne pratique diététique. Un bilan rigoureux, une anamnèse détaillée et une écoute attentive restent les fondamentaux de mon métier. Mais pour beaucoup de patients, cet outil change quelque chose d'important : il rend visible ce qui était invisible, et objective ce que les mots peinent parfois à faire comprendre. Je dis souvent qu'il vous permet de voir ce qui est dans ma tête : des choses qui me sembles évidentes au vu de vos réponses mais qui ne votre coté est très abstrait. Et quant j'ai un doute, la mesure via le Zmetrix permet de trancher. Sa fiabilité et la lisibilité de ses résultats en font un vrai support de consultation, autant pour moi que pour les personnes que j'accompagne. C'est dans cet esprit que je vous propose une série de trois articles consacrés au Z-Métrix rédigés par Eva Cornet, Ingénieure Biomédicale et Directrice de la division Impédancemétrie chez COSMED France. Le premier,vous explique la technologie dans le détail , avec la précision de celle qui la connaît mieux que quiconque. Les deux articles suivants aborderont son utilité concrète du côté du diététicien, puis l'intérêt réel pour le patient. Bonne lecture.
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Après avoir décrypté le fonctionnement biologique des analogues du GLP-1, une question essentielle se pose en consultation : comment bien manger quand l'appétit disparaît presque totalement ? Sous l'effet du Wegovy ou du Mounjaro, le risque n'est plus de trop manger, mais de sombrer dans une dénutrition invisible qui fatiguerait votre corps et fragiliserait vos muscles. La priorité absolue : protéger votre capital musculaire La perte de poids sous GLP-1 peut être spectaculaire, mais elle est parfois trop rapide pour l'organisme. Si vous ne consommez pas assez de protéines, votre corps ira puiser dans ses propres réserves musculaires pour fonctionner. C'est ce que nous voulons éviter à tout prix, car une perte de muscle ralentit votre métabolisme de base et rend la stabilisation du poids beaucoup plus difficile à l'arrêt du traitement. Dans votre assiette, la protéine doit donc devenir la pièce maîtresse. Je conseille souvent de commencer chaque repas par sa source protéinée, qu'elle soit animale comme une viande maigre, un poisson ou un œuf, ou végétale avec des légumineuses bien préparées. L'objectif est de maintenir une densité nutritionnelle élevée : puisque vous mangez de petits volumes, chaque bouchée doit être réellement "utile" à votre corps. Un suivi précis grâce au bilan de composition corporelle Pour ne pas avancer à l'aveugle, je propose systématiquement au cabinet un bilan de masse corporelle lors de nos rendez-vous. Cet outil est bien plus révélateur que le simple chiffre affiché sur une balance classique. Il nous permet de suivre avec précision l'évolution de votre masse grasse, mais surtout de surveiller le maintien de votre masse musculaire et votre niveau d'hydratation. C'est ce suivi scientifique qui nous permet d'ajuster votre alimentation en temps réel. Si nous constatons que vos muscles s'affaiblissent, nous renforçons les apports nutritionnels spécifiques avant que la fatigue ne s'installe. Cette transformation physique doit être harmonieuse pour être durable. L'indispensable adaptation à votre réalité quotidienne Ces principes restent des règles générales qu'il est impératif d'adapter à la réalité de votre vie. Je sais que vos journées ne se limitent pas à une liste de nutriments : vous avez des convictions alimentaires, des contraintes professionnelles parfois denses et une vie familiale à préserver. Manger doit rester un acte social et un plaisir, même sous traitement. Mon rôle est de vous aider à traduire ces besoins biologiques dans votre quotidien. Que vous déjeuniez sur le pouce entre deux réunions ou que vous partagiez un dîner en famille, nous cherchons ensemble des solutions concrètes pour que votre assiette respecte vos valeurs et vos obligations, sans jamais devenir une source de stress supplémentaire. Mon regard de professionnelle sur la densité nutritionnelle L'erreur la plus fréquente serait de se contenter de bouillons ou de salades légères sous prétexte que l'on n'a pas faim. Il ne s'agit pas de suivre un "régime" de plus, mais d'adapter votre alimentation à une nouvelle réalité biologique temporaire. En travaillant ensemble, nous veillons à ce que cette perte de poids ne se fasse pas au détriment de votre vitalité ou de l'éclat de votre peau, véritables reflets de votre santé intérieure. La semaine prochaine, nous aborderons le dernier volet de notre série, un sujet crucial pour la pérennité de vos efforts : comment préparer l'après-traitement et réussir sa stabilisation sans l'aide de la molécule ?
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