Alimentation : Changer durablement
Laurianne Chignard • 23 avril 2025
Changer durablement : et si vous pouviez tenir 5 ans ?
Hier, j’ai eu la chance de participer à un master mind entre consoeurs diététiciennes. Ce genre d’échange, toujours riche et stimulant, me permet de prendre du recul sur ma pratique, d’ajuster certains outils, et parfois même d’adopter un nouveau regard.
L’une d’elles a partagé une phrase qui m’a profondément marquée : « Quand je définis un changement alimentaire avec un patient, je lui demande toujours s’il pense pouvoir tenir ce changement pendant cinq ans.
»
Cette question m’a arrêtée. Elle m’a parlé. Elle résonne tellement avec ce que je cherche à transmettre en consultation. Parce que oui, les changements alimentaires que nous mettons en place ensemble ne sont pas là pour durer une semaine, ni même un mois. L’idée n’est pas de tenir « jusqu’à l’été », ni « jusqu’à ce que je rentre dans ce pantalon ». L’objectif, c’est de créer une nouvelle manière de vivre, de manger, de prendre soin de soi… qui soit à la fois réaliste, apaisée et durable.
Penser un changement sur cinq ans, c’est changer de perspective. Cela oblige à sortir des logiques de contrôle, de restriction, de performance. Cela pousse à chercher l’équilibre, à écouter ce qui est soutenable au quotidien, à envisager l’alimentation comme un pilier du bien-être et non comme une simple variable à modifier.
En consultation, je vous accompagne pas à pas, mais je sais que le vrai travail, celui qui compte, celui qui vous transformera, se construit dans vos journées, vos choix, vos ajustements. Ce que nous décidons ensemble doit pouvoir s’inscrire dans votre vie réelle, avec ses contraintes, ses envies, ses imprévus.
Alors la prochaine fois que vous vous dites « je vais essayer ça », posez-vous cette question : est-ce que je me vois encore faire ce choix dans cinq ans ? Si la réponse est non, il est peut-être temps de réévaluer, de simplifier, ou d’adapter. Si la réponse est oui, vous tenez là quelque chose de précieux : un changement qui a le potentiel de devenir un véritable mode de vie.
Et c’est exactement cela que je vous souhaite : des changements qui font du bien, longtemps.
Mais comment on change, concrètement ?
Vous vous êtes peut-être déjà dit « je dois manger plus de légumes ». Et objectivement, vous avez raison. Ce n’est pas une information nouvelle. Mais ce n’est pas suffisant. Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous savez, c’est ce que vous faites.
Alors je vous propose de réfléchir autrement. Comment, moi, je peux y arriver ? Qu’est-ce qui me freine vraiment ? Est-ce le manque de temps pour les préparer ? Le fait de ne pas savoir comment les cuisiner ? Une mauvaise expérience passée ? Une routine déjà bien installée et difficile à bousculer ?
Comprendre ses propres freins, c’est la première étape. Ensuite, il faut ajuster le cap avec des objectifs simples, personnels, réalistes et réalisables. Cela peut être de prévoir une soupe pour deux soirs dans la semaine, ou d’ajouter une crudité au déjeuner trois fois sur cinq. Peu importe le point de départ : l’important, c’est que ce soit possible pour vous, dans votre quotidien, sans pression ni culpabilité.
Le changement durable ne repose pas sur la perfection, mais sur la constance et l’adaptation. C’est pourquoi je vous encourage toujours à définir vos propres objectifs, à votre rythme, avec bienveillance.
Car un bon objectif est celui que vous serez capable de tenir, jour après jour, mois après mois… et pourquoi pas pendant cinq ans.
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Quand j'ai intégré le Z-Métrix à ma pratique il y a bientôt dix ans, ce n'était pas par effet de mode. C'était une réponse concrète à une limite que je ressentais au quotidien : la balance seule ne raconte qu'une partie de l'histoire. Un chiffre sur un écran ne distingue pas le muscle de la graisse, l'eau de la masse cellulaire. Et pourtant, c'est précisément cette distinction qui change tout dans l'accompagnement d'un patient. Le Z-Métrix est un appareil de bioimpédance multifréquence, et c'est celui que j'utilise en cabinet depuis près d'une décennie. Je tiens à être claire : il n'est pas indispensable à une bonne pratique diététique. Un bilan rigoureux, une anamnèse détaillée et une écoute attentive restent les fondamentaux de mon métier. Mais pour beaucoup de patients, cet outil change quelque chose d'important : il rend visible ce qui était invisible, et objective ce que les mots peinent parfois à faire comprendre. Je dis souvent qu'il vous permet de voir ce qui est dans ma tête : des choses qui me sembles évidentes au vu de vos réponses mais qui ne votre coté est très abstrait. Et quant j'ai un doute, la mesure via le Zmetrix permet de trancher. Sa fiabilité et la lisibilité de ses résultats en font un vrai support de consultation, autant pour moi que pour les personnes que j'accompagne. C'est dans cet esprit que je vous propose une série de trois articles consacrés au Z-Métrix rédigés par Eva Cornet, Ingénieure Biomédicale et Directrice de la division Impédancemétrie chez COSMED France. Le premier,vous explique la technologie dans le détail , avec la précision de celle qui la connaît mieux que quiconque. Les deux articles suivants aborderont son utilité concrète du côté du diététicien, puis l'intérêt réel pour le patient. Bonne lecture.

Après avoir décrypté le fonctionnement biologique des analogues du GLP-1, une question essentielle se pose en consultation : comment bien manger quand l'appétit disparaît presque totalement ? Sous l'effet du Wegovy ou du Mounjaro, le risque n'est plus de trop manger, mais de sombrer dans une dénutrition invisible qui fatiguerait votre corps et fragiliserait vos muscles. La priorité absolue : protéger votre capital musculaire La perte de poids sous GLP-1 peut être spectaculaire, mais elle est parfois trop rapide pour l'organisme. Si vous ne consommez pas assez de protéines, votre corps ira puiser dans ses propres réserves musculaires pour fonctionner. C'est ce que nous voulons éviter à tout prix, car une perte de muscle ralentit votre métabolisme de base et rend la stabilisation du poids beaucoup plus difficile à l'arrêt du traitement. Dans votre assiette, la protéine doit donc devenir la pièce maîtresse. Je conseille souvent de commencer chaque repas par sa source protéinée, qu'elle soit animale comme une viande maigre, un poisson ou un œuf, ou végétale avec des légumineuses bien préparées. L'objectif est de maintenir une densité nutritionnelle élevée : puisque vous mangez de petits volumes, chaque bouchée doit être réellement "utile" à votre corps. Un suivi précis grâce au bilan de composition corporelle Pour ne pas avancer à l'aveugle, je propose systématiquement au cabinet un bilan de masse corporelle lors de nos rendez-vous. Cet outil est bien plus révélateur que le simple chiffre affiché sur une balance classique. Il nous permet de suivre avec précision l'évolution de votre masse grasse, mais surtout de surveiller le maintien de votre masse musculaire et votre niveau d'hydratation. C'est ce suivi scientifique qui nous permet d'ajuster votre alimentation en temps réel. Si nous constatons que vos muscles s'affaiblissent, nous renforçons les apports nutritionnels spécifiques avant que la fatigue ne s'installe. Cette transformation physique doit être harmonieuse pour être durable. L'indispensable adaptation à votre réalité quotidienne Ces principes restent des règles générales qu'il est impératif d'adapter à la réalité de votre vie. Je sais que vos journées ne se limitent pas à une liste de nutriments : vous avez des convictions alimentaires, des contraintes professionnelles parfois denses et une vie familiale à préserver. Manger doit rester un acte social et un plaisir, même sous traitement. Mon rôle est de vous aider à traduire ces besoins biologiques dans votre quotidien. Que vous déjeuniez sur le pouce entre deux réunions ou que vous partagiez un dîner en famille, nous cherchons ensemble des solutions concrètes pour que votre assiette respecte vos valeurs et vos obligations, sans jamais devenir une source de stress supplémentaire. Mon regard de professionnelle sur la densité nutritionnelle L'erreur la plus fréquente serait de se contenter de bouillons ou de salades légères sous prétexte que l'on n'a pas faim. Il ne s'agit pas de suivre un "régime" de plus, mais d'adapter votre alimentation à une nouvelle réalité biologique temporaire. En travaillant ensemble, nous veillons à ce que cette perte de poids ne se fasse pas au détriment de votre vitalité ou de l'éclat de votre peau, véritables reflets de votre santé intérieure. La semaine prochaine, nous aborderons le dernier volet de notre série, un sujet crucial pour la pérennité de vos efforts : comment préparer l'après-traitement et réussir sa stabilisation sans l'aide de la molécule ?

Vous souhaitez entamer un suivi diététique et vous vous demandez comment en financer tout ou partie ? C'est une question que mes patients me posent très régulièrement au cabinet. La bonne nouvelle, c'est que plusieurs dispositifs existent, allant des programmes de prévention entièrement gratuits aux solutions de remboursement complémentaires comme Elsee, en passant par les mutuelles classiques. Et depuis peu, un nouveau texte réglementaire ouvre des perspectives importantes pour les personnes en situation d'obésité complexe. Voici un tour d'horizon complet pour vous aider à trouver la formule la plus adaptée à votre situation.

Il y a quelques années, je recevais au cabinet une patiente que j'appellerai Céline. Elle ne venait pas pour perdre du poids. Elle venait parce que son mari s'inquiétait. Parce qu'elle avait refusé l'anniversaire de sa fille. Parce que les gâteaux "n'étaient pas assez bons". Parce qu'elle passait ses soirées à éplucher les étiquettes, à planifier chaque repas avec une précision militaire, et que la moindre entorse à ses règles alimentaires la plongeait dans une détresse profonde. Céline mangeait parfaitement. Et Céline allait très mal. Ce paradoxe, c'est celui de l'orthorexie.







