Diététique et Traitements GLP-1/GIP

Laurianne Chignard • 3 décembre 2025

Le Rôle Crucial de la Diététique avec les Traitements GLP-1/GIP : Bien plus qu'une simple Perte de Poids

Les agonistes des récepteurs du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), tels que le Sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le Liraglutide (Saxenda, Victoza), ainsi que les doubles agonistes GLP-1/GIP (comme le Tirzépatide - Mounjaro), ont révolutionné la prise en charge du diabète de type 2 et de l'obésité. Leur efficacité pour la perte de poids est bien établie.
Cependant, se contenter de l'injection sans un accompagnement diététique personnalisé et renforcé est une erreur. La nutrition joue un rôle essentiel pour maximiser les bénéfices, prévenir les risques (notamment la dénutrition) et surtout pérenniser la perte de poids après l'arrêt du traitement.

Protéger contre le Risque de Dénutrition : L'Impératif Protéique 
Les agonistes GLP-1/GIP agissent en ralentissant la vidange gastrique et en augmentant la sensation de satiété, ce qui réduit drastiquement l'apport calorique global. Or, une perte de poids trop rapide et non encadrée expose à un risque majeur : la perte de masse musculaire (fonte maigre), ce qui augmente le risque de dénutrition et ralentit le métabolisme.
Il est essentiel d'assurer un apport suffisant, souvent supérieur aux recommandations standard. Les recommandations CSO France sont aujourd'hui de 60g de protéines /j chez les patients obèses, voire plus chez les seniors. On parle bien de protéines et non de viande. Il faut aussi adapter ce chiffre au mode vie de chacun, et ne pas oublier la qualité des protéines. C'est sur ce point qu'une aide diététique  peut rapidement devenir essentiel (80% des médecins prescripteurs ne savent aujourd'hui pas à quoi correspondent ces 60g de protéines)

Gérer les Effets Secondaires Digestifs 

Le ralentissement de la vidange gastrique, bien qu'utile pour la satiété, est souvent à l'origine d'effets secondaires digestifs désagréables (nausées, reflux, ballonnements, constipation). Ces troubles sont la seconde cause d'arrêt du traitement (après l'arrêt à cause du cout)
Un suivi diététique permet d'adapter l'alimentation pour en minimiser l'impact des effets secondaires 

Redonner du Plaisir à Manger (Malgré la Perte d'Appétit) 

Ces traitements réduisent l'impact du "circuit de la récompense" dans le cerveau, diminuant ainsi le plaisir et l'envie de manger. Si cela favorise la perte de poids, cela peut aussi générer un sentiment de perte de plaisir et de frustration. Aussi, à l'arrêt du traitement, les "repas plaisir" reviennent  et la reprise de poids est inévitable : il faut des le départ, apprendre à aimer manger peu et sainement 

Préparer l'Arrêt du Traitement et Prévenir la Reprise de Poids

C'est l'étape la plus critique. L'obésité est une maladie chronique, et son traitement doit souvent l'être aussi. Des études montrent qu'après l'arrêt des agonistes GLP-1/GIP, la reprise de poids est un risque très élevé et fréquent, pouvant annuler une grande partie des bénéfices obtenus.
Ancrer les Habitudes : Le traitement est une "béquille" métabolique. Le suivi diététique permet de transformer la perte de poids en un changement de mode de vie durable sur les plans nutritionnel et physique pendant le traitement.
Plan de Sevrage (Transition) : La reprise de poids est souvent plus rapide si l'arrêt est brutal. Un accompagnement aide à préparer la phase post-traitement en renforçant les nouvelles habitudes et en stabilisant le poids, parfois en association avec un sevrage progressif des doses (si le médecin le permet).
Surveillance à Long Terme : Sans les signaux hormonaux du médicament, les mécanismes physiologiques qui favorisent la reprise de poids reviennent. Le suivi diététique et comportemental est le meilleur rempart pour maintenir la perte de poids sur le long terme.

Conclusion : L'Équipe GAGNANTE
L'utilisation d'agonistes du GLP-1 (Sémaglutide, Liraglutide, Tirzépatide) est un outil thérapeutique puissant, mais son succès durable ne dépend pas uniquement de l'injection. L'encadrement pluridisciplinaire impliquant le médecin, et surtout le diététicien, est la clé. Il assure une perte de poids saine, protège contre la dénutrition, gère les effets secondaires et prépare activement le patient à l'étape cruciale de l'après-traitement.

Pour aller plus loin, vous trouverez ici le document d'information patients édité par le CSO : 
Plan de Repas Hebdomadaire (Agonistes GLP-1/GIP)

Plan de Repas Hebdomadaire : Soutien Diététique pour Traitement GLP-1/GIP

Objectifs Nutritionnels :

  1. Priorité aux Protéines : Intégrer une source de protéines de qualité à chaque repas et collation.
  2. Petits Volumes : Manger plus souvent (5 à 6 prises) en petites quantités.
  3. Hydratation : Boire régulièrement entre les repas, pas pendant (pour éviter le gonflement de l'estomac).
  4. Éviter le Gras & le Sucré Excessif : Limiter les aliments frits, gras ou ultra-transformés qui peuvent provoquer des nausées ou des reflux.

📅 Semaine Type

Jour Petit-Déjeuner (Protéines & Fibres) Collation Matinale Déjeuner (Léger & Protéiné) Collation Après-midi Dîner (Protéines & Légumes)
Lundi 1 yaourt grec nature + 1 cuillère à soupe de graines de chia + 1/2 tasse de baies. Poignée d'amandes/noix Salade de poulet froid (75g) avec concombres et vinaigrette légère. 1 œuf dur Filet de poisson blanc vapeur (cabillaud) avec purée de patates douces.
Mardi Smoothie protéiné (lait d'amande, poudre de protéines, épinards). Carré de fromage frais (type Kiri) sur une petite galette de riz. 2 tranches de jambon de dinde + 50g de lentilles froides. Yaourt skyr nature Omelette aux légumes (champignons, courgettes) et petite portion de pain complet.
Mercredi 2 œufs brouillés + 1 tranche de pain complet. 100g de fromage blanc 0% Soupe de légumes riche en bouillon + 75g de tofu grillé. Une petite pomme Steak haché maigre (80g) avec des haricots verts.
Jeudi 100g de fromage blanc 0% + 1/2 banane écrasée. Boisson végétale enrichie en protéines (soja/pois) Salade de thon (en conserve, à l'eau) avec des tomates cerises. 1 petite portion de houmous avec des bâtonnets de carotte. Brochettes de crevettes grillées avec riz complet (petite quantité) et brocolis.
Vendredi Porridge (flocons d'avoine) au lait et enrichi avec 1/2 dosette de whey protéine non aromatisée. 1 œuf dur Reste de crevettes + Salade verte 1 yaourt grec nature Chili con carne (viande hachée maigre, haricots rouges) – petite portion.
Samedi 2 crêpes protéinées (avec œufs et whey) garnies de fromage frais. Poignée de noisettes Tartare de saumon (50g) sur une petite base de quinoa. 1 barre protéinée (faible en sucre/gras) Cuisse de poulet rôtie (sans la peau) et poêlée de légumes de saison.
Dimanche Muffin protéiné fait maison (faible en gras/sucre). 100g de fromage blanc 0% Reste de poulet + Salade de chou-fleur cuit. 1 fruit (clémentine ou kiwi) Velouté de courgettes et mouillettes à la dinde séchée.

📝 Conseils Clés pour la Tolérance

1. Mastication Lente

Prenez le temps de mastiquer chaque bouchée. Le ralentissement de la vidange gastrique exige un travail de l'estomac minimal.

2. Boire Loin des Repas

Cessez de boire 15 minutes avant le repas et ne reprenez que 30 à 45 minutes après. Cela évite de "remplir" l'estomac d'eau en même temps que les aliments.

3. Protéines en Premier

Consommez toujours la source de protéines de votre assiette en premier pour vous assurer que l'essentiel est passé avant que la satiété ne devienne maximale.

4. Ajuster les Quantités

Ces quantités sont indicatives. Si vous ressentez une nausée ou une lourdeur, arrêtez immédiatement et réduisez la portion au repas suivant.

5. Varier les Formes

Si la viande est trop lourde, privilégiez les protéines sous forme liquide ou semi-liquide (smoothies, soupes enrichies, purées de légumineuses, yaourts) pour faciliter l'ingestion.

par Laurianne Chignard 4 mars 2026
À l’approche de l’Aïd-el-Fitr, cette fête qui marque la fin du mois de jeûne, il est naturel de vouloir partager des repas généreux et savoureux avec ses proches. Comme je l’expliquais déjà dans mon article consacré au ramadan (repris notamment par Sciences et Avenir et La Provence ), ce mois sacré modifie profondément nos rythmes alimentaires et nos habitudes physiologiques, impactant l’énergie, l’appétit et la digestion . Cependant, au moment de l’Aïd et dans les jours qui suivent, cette envie de festoyer peut mettre notre corps en difficulté si nous revenons brusquement à une alimentation très riche ou déséquilibrée. Après une période de jeûne diurne prolongé, notre système digestif a adapté sa production enzymatique, sa motricité gastro-intestinale et sa gestion hormonale : une reprise alimentaire excessive peut engendrer des inconforts tels que ballonnements, reflux, fatigue marquée, mais aussi une prise de poids non souhaitée . Il est possible de célébrer l’Aïd en respectant cette période de transition physiologique, en combinant plaisir et nutrition adaptée.
par Claire Khalfa 4 mars 2026
Dans l’accompagnement de la perte de poids, je constate souvent que la difficulté ne réside pas uniquement dans l’équilibre alimentaire. Les sensations de faim et de satiété, les envies irrépressibles, le grignotage ou l’alimentation émotionnelle peuvent freiner les efforts, même lorsque la motivation est bien présente. J’ai donc proposé à Claire Khalfa , hypnothérapeute installée à Nantes, de vous présenter l’anneau gastrique virtuel par hypnose. Dans l’article qui suit, elle explique en quoi consiste cette méthode, à qui elle s’adresse et comment elle peut venir soutenir une démarche de perte de poids, sans chirurgie. Nos approches ne se remplacent pas, elles peuvent être complémentaires. Je vous laisse découvrir son éclairage pour mieux comprendre cette technique et voir si elle peut correspondre à votre situation.
par Laurianne Chignard 8 février 2026
Ces derniers mois, le thé hōjicha s’invite de plus en plus sur les réseaux sociaux. Présenté comme une alternative douce au matcha, il suscite curiosité et engouement… alors même qu’il est, historiquement, bien plus ancien que le matcha. J’ai eu le plaisir d’être interviewée dans cet article d’Allo Docteurs, qui revient précisément sur cette question : le hōjicha possède-t-il les mêmes bienfaits que le matcha ? La réponse est nuancée. Bien qu’ils proviennent tous deux du Camellia sinensis, leur mode de transformation change profondément leurs propriétés. La torréfaction du hōjicha réduit fortement sa teneur en théine et en antioxydants, ce qui en fait une boisson plus douce, mieux tolérée par les personnes sensibles à la caféine, mais sans l’effet stimulant caractéristique du matcha. Cet article est donc l’occasion de découvrir (ou redécouvrir) un thé traditionnel japonais, longtemps consommé au quotidien au Japon, et qui connaît aujourd’hui une seconde vie grâce aux réseaux sociaux. Une bonne illustration du fait que les tendances actuelles ne sont pas toujours synonymes de nouveauté, mais parfois de redécouverte. 👉 Lien vers l’article : https://www.allodocteurs.fr/le-the-hojicha-possede-t-il-les-memes-bienfaits-que-le-matcha-45934.html
par Laurianne Chignard 8 février 2026
La maladie de Hashimoto est une pathologie auto-immune de la thyroïde encore trop souvent diagnostiquée tardivement. En consultation, je rencontre régulièrement des personnes qui « sentent bien que quelque chose ne va pas », sans parvenir à mettre des mots précis sur leurs ressentis. Fatigue persistante, moral en berne, prise de poids inexpliquée… autant de signaux parfois banalisés, alors qu’ils méritent une vraie attention. La difficulté avec la thyroïdite de Hashimoto, c’est que ses symptômes sont nombreux, peu spécifiques et variables d’une personne à l’autre. On retrouve fréquemment une fatigue chronique, une frilosité inhabituelle, une prise de poids ou une difficulté à en perdre malgré des efforts, une chute de cheveux, une peau sèche, des troubles digestifs comme la constipation, des troubles de la concentration et de la mémoire, une baisse de la motivation, des douleurs musculaires ou articulaires, des cycles menstruels irréguliers ou encore une baisse de la libido. Chez les femmes, ces manifestations peuvent passer totalement inaperçues, en particulier autour de la périménopause ou de la ménopause. Bouffées de chaleur, fatigue, troubles du sommeil, variations de l’humeur ou prise de poids sont souvent attribués uniquement aux changements hormonaux liés à cette période de vie, alors qu’une atteinte thyroïdienne peut coexister ou s’installer progressivement. C’est ce chevauchement des symptômes qui retarde parfois le diagnostic. La première étape reste incontournable : consulter son médecin traitant. C’est lui qui pourra évaluer la pertinence des examens biologiques en fonction de votre clinique et de votre histoire personnelle et familiale. La prise de sang est ensuite un outil clé du dépistage, mais il est important de rappeler qu’un dosage isolé de la TSH ne suffit pas pour explorer correctement la thyroïde. Pour une évaluation plus complète, il est nécessaire de doser également les hormones thyroïdiennes libres, la T3 et la T4, ainsi que les anticorps spécifiques, notamment les anti-TPO et anti-thyroglobuline, marqueurs de l’auto-immunité. Le remboursement par la sécurité sociale est controlé, alors certains médecins ne les prescrive pas pour "un simple doute" Aujourd’hui, il est possible de demander ces dosages directement en laboratoire (mëme sans ordonnance médicale). Cette option peut représenter un premier pas pour certaines personnes qui ne sente pas écoutées par le médecin , mais il faut avoir en tête que les analyses restent alors entièrement à la charge du patient. Surtout, il est essentiel de ne pas jouer à l’apprenti sorcier. Des résultats en dehors des normes ne doivent jamais conduire à un auto-diagnostic ou à une auto-prise en charge. En cas d’anomalies biologiques, la consultation d’un endocrinologue est indispensable (et ne sera plus refusée par votre médecin avec vos analyses en poche). Ce spécialiste pourra interpréter finement les résultats sanguins et demandera, a minima, une échographie thyroïdienne afin de confirmer ou non le diagnostic de thyroïdite de Hashimoto. Sous l’angle de la médecine fonctionnelle , il est toutefois possible d’agir en amont, lorsque les valeurs biologiques sont encore dans les normes mais ne se situent pas dans des zones considérées comme optimales, notamment en présence de symptômes évocateurs. Dans ce contexte, un travail sur l’hygiène de vie, l’alimentation, la gestion du stress et les éventuelles carences micronutritionnelles peut déjà apporter un réel bénéfice et contribuer à ralentir l’évolution de la dysfonction thyroïdienne. Lorsque la maladie de Hashimoto est confirmée, une prise en charge diététique adaptée est fortement recommandée . L’objectif n’est pas de « guérir » la maladie, mais d’accompagner le traitement médical, de soutenir la fonction thyroïdienne, de moduler l’inflammation et d’améliorer la qualité de vie au quotidien. Une alimentation personnalisée, réfléchie et évolutive fait pleinement partie du parcours de soins. Être à l’écoute de ses symptômes, oser poser des questions et se faire accompagner par des professionnels formés reste aujourd’hui la meilleure stratégie pour avancer sereinement face à la maladie de Hashimoto.
par Laurianne Chignard 28 janvier 2026
Le mercredi 11 février à 19h30, j’aurai le plaisir de participer à une soirée un peu particulière au Do It Bar , à Nantes. Organisé par la Jeune Chambre Économique de Nantes , l’événement Option Zéro propose une immersion conviviale dans l’univers des boissons sans alcool, à travers un format mêlant quiz, témoignages et dégustation. L’objectif est simple : montrer qu’il est tout à fait possible de partager un moment festif sans alcool, sans frustration ni ennui, et surtout avec beaucoup de goût. Dans ma pratique je rencontre régulièrement des personnes qui souhaitent réduire leur consommation d’alcool, faire une pause, ou simplement explorer d’autres options, sans toujours savoir par où commencer. Cette soirée s’inscrit pleinement dans cette démarche. Elle offre un espace bienveillant pour échanger, poser des questions et découvrir concrètement des alternatives qualitatives. Je serai accompagnée de Jean-Philippe Braud, fondateur de Gueule de Joie , une enseigne spécialisée dans les boissons sans alcool. Ensemble, nous aborderons différents aspects : les raisons qui peuvent pousser à consommer moins d’alcool, les bénéfices possibles sur la santé et le quotidien, mais aussi la réalité du marché actuel, qui évolue rapidement avec des produits de plus en plus travaillés sur le plan aromatique. Au-delà des apports théoriques, la dégustation occupe une place centrale dans la soirée. Elle permet de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle selon laquelle le sans alcool serait fade ou peu intéressant. Aujourd’hui, on trouve des bières, des cocktails et des boissons fermentées sans alcool aux profils sensoriels complexes, capables de rivaliser avec leurs équivalents alcoolisés. D’un point de vue nutritionnel, réduire ou supprimer l’alcool peut avoir des effets positifs sur le sommeil, la digestion, l’énergie, la gestion du poids ou encore la santé hépatique. Bien sûr, chaque situation est individuelle, et il ne s’agit pas d’imposer un modèle unique, mais plutôt d’ouvrir le champ des possibles et de redonner du choix. Cette soirée s’adresse à toutes celles et ceux qui sont curieux, en questionnement, ou simplement amateurs de nouvelles expériences gustatives. L’entrée est fixée à 7 € , et l’événement se déroule au Do It Bar à partir de 19h30. Je me réjouis de pouvoir échanger avec vous dans ce cadre convivial, et de contribuer à faire évoluer le regard porté sur le sans alcool. Si vous avez envie de découvrir une autre manière de faire la fête, Option Zéro est une belle occasion de franchir le pas. Au plaisir de vous y retrouver.
par Laurianne Chignard 28 janvier 2026
La migraine ne se résume pas à un simple mal de tête. Il s’agit d’un trouble neurologique complexe, souvent accompagné de nausées, de photophobie (sensibilité à la lumière), de phonophobie (sensibilité au bruit) et parfois de troubles visuels. Chez de nombreuses personnes, l’alimentation joue un rôle non négligeable dans la fréquence ou l’intensité des crises. En tant que diététicienne nutritionniste, je constate régulièrement en consultation que certains ajustements alimentaires peuvent contribuer à améliorer le confort de vie, à condition d’être personnalisés et intégrés dans une prise en charge globale. Pourquoi l’alimentation peut influencer la migraine ? Plusieurs mécanismes sont impliqués. Certains aliments peuvent agir comme déclencheurs en modifiant la libération de neurotransmetteurs (notamment la sérotonine), en favorisant l’inflammation ou en perturbant la régulation vasculaire. D’autres, au contraire, apportent des nutriments essentiels au bon fonctionnement du système nerveux, comme le magnésium, les vitamines du groupe B ou les oméga-3. Il est important de garder à l’esprit que les déclencheurs varient énormément d’une personne à l’autre. Il n’existe donc pas de “régime anti-migraine universel”, mais plutôt des pistes à explorer. Les aliments souvent impliqués dans les crises Certains produits reviennent fréquemment dans la littérature scientifique et dans les observations cliniques. Les fromages affinés, la charcuterie, les poissons fumés ou marinés contiennent des amines biogènes (comme la tyramine), susceptibles de favoriser les migraines chez les personnes sensibles. Les aliments ultra-transformés (AUT) , riches en glutamate monosodique, en nitrites ou en additifs, peuvent également être problématiques. Le chocolat, l’alcool (en particulier le vin rouge), ainsi que les édulcorants comme l’aspartame sont parfois rapportés comme déclencheurs. Enfin, sauter des repas ou manger de façon très déséquilibrée peut provoquer des variations de glycémie, elles-mêmes connues pour favoriser l’apparition de céphalées. Je précise toutefois que ces aliments ne sont pas systématiquement responsables. Leur impact dépend du terrain individuel, du contexte hormonal, du niveau de stress, du sommeil et de nombreux autres facteurs. Le cas de la caféine La caféine mérite une attention particulière. Consommée en excès ou de façon irrégulière, elle peut favoriser l’apparition de migraines ou provoquer des céphalées de sevrage. En revanche, chez certaines personnes, un café de bonne qualité, pris sans excès et de manière stable au quotidien, peut avoir un effet bénéfique grâce à son action vasoconstrictrice (réduction du diamètre des vaisseaux sanguins) et à ses propriétés antalgiques légères. C’est d’ailleurs pour cette raison que la caféine est parfois intégrée dans certains traitements contre la migraine. Tout est donc affaire de dose, de régularité et de sensibilité individuelle. Chez les buveurs habituels de café, généralement on recommande de ne pas arrêter brusquement Les aliments à privilégier pour soutenir le système nerveux À l’inverse, certains choix alimentaires peuvent aider à réduire la vulnérabilité aux crises. Je recommande généralement une alimentation simple, peu transformée et régulière, basée sur des produits bruts. Les légumes verts (épinards, brocolis, blettes), les légumineuses, les oléagineux et les graines apportent du magnésium, un minéral impliqué dans la relaxation neuromusculaire. Les poissons gras (sardine, maquereau, saumon), l’huile de colza ou de noix contribuent aux apports en oméga-3, connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Les céréales complètes, les œufs, les légumes secs et certains fromages frais participent à l’apport en vitamines du groupe B, essentielles au métabolisme énergétique cérébral. Une bonne hydratation est également fondamentale : une déshydratation même modérée peut suffire à déclencher un mal de tête. Enfin, la régularité des repas joue un rôle clé. Manger à heures fixes aide à stabiliser la glycémie et limite les variations énergétiques qui fragilisent le cerveau. Et les produits laitiers ? Les produits laitiers font régulièrement l’objet de questions en lien avec la migraine. À ce jour, les études scientifiques ne montrent pas de lien clair et systématique entre leur consommation et l’apparition des crises. En revanche, un point d’attention concerne la caséine A1, une protéine présente dans le lait de vache conventionnel, suspectée chez certaines personnes de favoriser une réponse inflammatoire de bas grade au niveau digestif et systémique. Même si les données restent limitées, je constate en pratique que plusieurs patients rapportent un mieux-être, notamment sur la fréquence ou l’intensité des migraines, après une période d’éviction des produits laitiers. Cela ne signifie pas qu’ils soient problématiques pour tout le monde, mais et sans carence (en veillant notamment aux apports en calcium et en protéines), peut parfois être pertinent dans une démarche d’observation personnalisée. EN effet, m^me si on se comprend pas forcement pourquoi, ci une éviction vous soulage, on continue ! (et inversement) L’intérêt d’une approche personnalisée Dans ma pratique, j’encourage souvent la tenue d’un journal alimentaire et des symptômes. Cela permet d’identifier d’éventuels liens entre ce que vous mangez et l’apparition des crises, sans tomber dans des évictions inutiles. Supprimer trop d’aliments sans accompagnement peut entraîner des carences, de la frustration et une relation compliquée à l’alimentation. L’objectif reste toujours de préserver le plaisir de manger tout en soutenant la santé. Si vous souffrez de maux de tête récurrents ou de migraines, je vous rappelle q u’il est indispensable de consulter un médecin afin d’obtenir un diagnostic précis . Les conclusions médicales permettent ensuite d’orienter et d’ajuster les choix alimentaires de manière pertinente et sécurisée. L’alimentation peut être un véritable levier d’accompagnement, mais elle ne remplace jamais une prise en charge médicale adaptée. Un suivi nutritionnel personnalisé peut alors s’inscrire comme un complément précieux pour mieux vivre avec la migraine.
par Laurianne Chignard 28 janvier 2026
En consultation, j’entends très souvent cette phrase : « Je crois que je fais de l’hyperphagie… ». Pourtant, derrière ce terme se cachent parfois de simples compulsions alimentaires, et ces deux situations, bien que proches en apparence, ne recouvrent pas la même réalité clinique ni les mêmes mécanismes. Je vous propose aujourd’hui de faire le point, avec des mots simples, afin de mieux comprendre ce qui se joue. Les compulsions alimentaires Les compulsions alimentaires correspondent à des prises alimentaires soudaines, difficiles à contrôler, généralement déclenchées par une émotion ou un état interne : stress, fatigue, tristesse, frustration, ennui. La personne ressent une envie très forte de manger, souvent orientée vers des aliments réconfortants. L’épisode peut être bref ou durer un peu plus longtemps, mais il n’implique pas nécessairement une quantité massive de nourriture. Dans les compulsions, l’alimentation devient une stratégie d’adaptation émotionnelle. On mange pour apaiser une tension, se calmer, se distraire ou se consoler. Après coup, il est fréquent d’éprouver de la culpabilité ou de la honte, ce qui entretient le cercle vicieux. Sur le plan physiologique, ces épisodes sont souvent favorisés par une restriction alimentaire préalable, volontaire ou non : sauter des repas, manger trop peu, ou s’imposer trop d’interdits fragilise les signaux de régulation et augmente le risque de perte de contrôle. L’hyperphagie L’hyperphagie boulimique, elle, est un trouble du comportement alimentaire (TCA) reconnu médicalement . Selon les critères diagnostiques (DSM-5), elle se caractérise par la présence répétée de crises durant lesquelles une personne consomme, en un temps limité (environ deux heures), une quantité de nourriture nettement supérieure à ce que la plupart des gens mangeraient dans des circonstances similaires, avec un sentiment marqué de perte de contrôle . Ces crises s’accompagnent d’au moins plusieurs des éléments suivants : manger très rapidement, manger jusqu’à un inconfort physique, manger sans sensation de faim, manger seul par gêne, puis ressentir du dégoût, de la culpabilité ou une grande tristesse après l’épisode. Pour parler d’hyperphagie boulimique, ces crises doivent survenir en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois , sans comportements compensatoires réguliers (vomissements, laxatifs, sport excessif), contrairement à la boulimie. Il s’agit donc d’un trouble à part entière, associé à une souffrance psychologique importante et à un impact réel sur la qualité de vie. La différence majeure entre compulsions alimentaires et hyperphagie repose sur plusieurs paramètres : l’intensité des épisodes, la quantité ingérée, leur fréquence et surtout leur caractère chronique. Les compulsions peuvent être ponctuelles ou contextuelles, tandis que l’hyperphagie s’inscrit dans un fonctionnement durable. Il est aussi essentiel de comprendre que ces comportements ne sont ni un manque de volonté ni un défaut de motivation. Ils traduisent un déséquilibre entre besoins physiologiques, émotionnels et parfois hormonaux. Le corps et le cerveau cherchent avant tout à se protéger. Pour vous aider à y voir plus clair, je vous propose un petit auto-test d’orientation (ce n’est pas un diagnostic, mais un outil de repérage). Vous pouvez vous poser ces questions : – Ai-je des épisodes où je mange beaucoup plus que prévu, avec une impression de ne plus maîtriser ? – Est-ce que ces épisodes reviennent régulièrement ? – Est-ce que je mange parfois très vite, jusqu’à être physiquement mal à l’aise ? – Est-ce que je mange sans avoir faim, ou en cachette ? – Est-ce que je ressens de la honte, de la culpabilité ou une grande tristesse après ces moments ? – Est-ce que ces comportements ont un impact sur mon moral, mon poids, mon énergie ou ma vie sociale ? Si plusieurs réponses sont positives, surtout de façon répétée, il peut être pertinent d’en parler à un professionnel de santé. Dans mon accompagnement, je travaille toujours sur plusieurs axes : restaurer une alimentation suffisamment nourrissante et régulière, réapprendre à écouter les signaux de faim et de satiété, identifier les déclencheurs émotionnels et développer d’autres stratégies que la nourriture pour faire face aux tensions du quotidien. Lorsque cela est nécessaire, un travail pluridisciplinaire avec un psychologue ou un psychiatre est précieux, notamment dans les situations d’hyperphagie boulimique. Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, sachez qu’il existe des solutions et qu’un accompagnement adapté peut réellement améliorer votre relation à l’alimentation. Vous n’êtes pas seul(e), et ce que vous vivez mérite d’être entendu, sans jugement. Je reste convaincue qu’avec de la bienveillance, des outils concrets et un suivi personnalisé, il est possible de retrouver une relation plus apaisée avec la nourriture… et avec soi-même.
par Laurianne Chignard 24 janvier 2026
Lire une étiquette alimentaire est une compétence précieuse pour faire des choix éclairés, adaptés à vos besoins et à votre santé. Le sujet est vaste, c’est pourquoi j’ai choisi de le traiter à travers plusieurs articles complémentaires. Dans un premier article, j’ai posé les bases de la lecture des étiquettes alimentaires. J’y explique pourquoi ces informations sont utiles au quotidien, comment utiliser le Nutri-Score comme repère global tout en en connaissant les limites, et comment analyser une étiquette dans son ensemble, sans se focaliser sur un seul élément. Vous pouvez retrouver cet article ici : https://www.dieteticienne-nutritionniste-nantes.com/lecture-des-etiquettes Dans un second temps, je me suis intéressée aux allégations nutritionnelles telles que « riche en fibres », « sans sucres ajoutés » ou « pauvre en sel ». Ces mentions, très présentes sur les emballages, sont strictement encadrées par la réglementation européenne. Elles peuvent orienter le choix, mais ne remplacent jamais une lecture attentive du tableau nutritionnel et de la liste d’ingrédients. Cet article est disponible à cette adresse : https://www.dieteticienne-nutritionniste-nantes.com/les-allegations-nutritionnelles Aujourd’hui, je vous propose de vous concentrer sur un élément central de l’étiquette : le tableau des valeurs nutritionnelles, afin de comprendre ce qu’il contient, ce qui est obligatoire, et surtout comment l’interpréter avec pertinence.
par Laurianne Chignard 18 janvier 2026
Bibliothèque diététique à Nantes : prêt de livres de nutrition, recettes et santé réservé aux patients DiétNantes. Un espace de partage pour suivi nutritionnel.
par Laurianne Chignard 12 janvier 2026
Dans nos emplois du temps toujours plus chargés, trouver le temps d’organiser ses repas et de penser à son alimentation peut rapidement devenir un défi. C’est précisément pour répondre à ce besoin de simplicité et d’efficacité que j’ai conçu « Ma diét’ dans ma poche », une formule de suivi diététique à distance pensée pour celles et ceux qui souhaitent progresser sans passer par un bilan diététique complet. Cette offre s’adresse à vous si vous avez un objectif clair, que vous connaissez déjà vos besoins, et que vous recherchez un cadre structuré pour organiser vos repas, trouver l’inspiration au quotidien et réussir vos changements alimentaires sans perdre de temps dans des démarches trop complexes. Plutôt que d’attendre un rendez-vous traditionnel, vous pouvez accéder en moins de 24 heures à un plan alimentaire ciblé, adapté à votre situation. La formule se déroule via une application dédiée dans laquelle vous retrouvez votre plan alimentaire sous forme de ebook, rédigé par moi meme à choisir parmi une sélection évolutive , des outils de suivi, et un accès à des ressources qui facilitent la mise en pratique. Je sais à quel point manquer d’idées peut freiner la mise en place de nouvelles habitudes : c’est pourquoi je m’engage à enrichir régulièrement votre espace avec des recettes simples, équilibrées et inspirantes, ainsi qu’une sélection des meilleurs choix alimentaires selon les saisons. L’accompagnement ne s’arrête pas là. Vous pouvez me poser vos questions directement via la messagerie sécurisée de l’application. Je m’engage à vous répondre sous 72 heures ouvrées pour toute interrogation d’ordre général, vous permettant ainsi de garder un lien professionnel même à distance. Et si, au fil de votre parcours, vous ressentez le besoin d’un suivi plus approfondi ou d’un bilan personnalisé, nous pourrons envisager ensemble une consultation en visioconférence. Enfin, « Ma diét’ dans ma poche » se veut simple, transparente et flexible. L’abonnement mensuel est clair, et vous offre la liberté de l’interrompre facilement après 3mois si vos besoins évoluent. Ce format représente une belle solution pour celles et ceux qui souhaitent intégrer des changements alimentaires durables dans leur vie, avec un accompagnement professionnel structuré, accessible et adapté à leur rythme.