La diététique : un peu plus complexe que la soupe aux choux de tata Suzanne

Laurianne Chignard • 25 mai 2026

“Mangez plus de légumes.”

Le grand complot des diététiciennes dévoilé.




ll y a des phrases qui collent à la peau de notre métier.
“Les diététiciennes, elles disent toutes pareil.”
“Mangez des légumes.”
“Évitez le sucre.”
“Faites attention aux portions.”

Et franchement, vu de l’extérieur, je comprends. On pourrait croire qu’après deux heures sur Pinterest et trois recettes de courgettes farcies, n’importe qui peut faire le travail.

D’ailleurs, pourquoi consulter une diététicienne quand tata Suzanne a perdu 15 kilos le mois dernier sans consulter ?
Elle, au moins, elle vous donne des conseils gratuitement entre le plateau de fromage et la tarte aux pommes. Bon… elle oublie souvent de préciser qu’elle a aussi dépensé 400 € dans des plats “minceur” livrés sous vide, qu’elle a survécu trois semaines avec une faim digne d’un ours en hibernation inversée, et qu’elle a déjà repris 5 kilos depuis Pâques. Mais passons.


Parce qu’au fond, une diététicienne, ça fait quoi exactement ?
À part demander de manger des brocolis, évidemment.

Eh bien déjà, une diététicienne est une professionnelle de santé. Et non, ce n’est pas un détail. Le titre est protégé par un diplôme reconnu par l’État. En France, cela passe principalement par un BTS Diététique ou un BUT Génie biologique parcours diététique et nutrition. Le BTS, justement, dure “seulement” deux ans. Seulement entre guillemets, parce que ces deux années ressemblent davantage à un sprint permanent qu’à une petite promenade digestive.

Et encore faut-il obtenir le diplôme. Le taux de réussite étant régulièrement le plus bas des differents BTS français malgré un bon écrémage réalisé dès les premiers mois de formation.
Autrement dit : beaucoup commencent, moins nombreux terminent avec le précieux sésame.


Revenons, à cette formation, qui nous oblige à tiraniser la population a coup de brocolis:

En deux ans, il faut apprendre ce qui compose un aliment. Tout. Les glucides, les lipides, les protéines, fibres, mais aussi les tout petits éléments comme les vitamines, les minéraux, et n'oublions nos amies les bactéries et les enzymes… jusque-là, ça va encore.

Mais ensuite, il faut comprendre tout ce qui modifie cet aliment : sa production, son transport, sa conservation, sa cuisson, sa transformation (industrielle ou non), son stockage… Parce qu’entre une tomate cueillie dans un jardin et une tomate transformée en sauce ultra-transformée avec 14 ingrédients imprononçables, il se passe quelques petites choses.

Puis vient la partie amusante : comprendre ce qui arrive à cet aliment dès l’instant où vous le voyez. Oui, même avant la première bouchée. La vue, l’odeur, les hormones, les enzymes, la mastication, la digestion, l’absorption, le stockage, l’utilisation par les organes, puis… l’évacuation finale vers ce lieu où tous les humains redeviennent égaux : la cuvette des toilettes (la aussi on ne vous demande pas la consistance de popo juste par déviance scatologiquique)

Et là, on ne parle pas simplement “du ventre”.
On parle de biochimie, de physiologie, de physiopathologie. De compréhension du corps humain au niveau moléculaire. De ce qui se passe organe par organe, système par système, nutriment par nutriment.


Et, évidemment, il faut connaître le fonctionnement normal du corps… mais aussi tout ce qui se passe quand ça dysfonctionne.

Le diabète, L’insuffisance rénale, Les maladies cardiovasculaires, Les troubles digestifs, Les cancers, Les maladies inflammatoires, Les troubles hormonaux, Les allergies, La dénutrition, Les troubles du comportement alimentaire.

Et pour chacune de ces situations, comprendre comment l’alimentation peut aider… ou aggraver les choses.

Parce qu’un aliment n’agit jamais “dans le vide”.
Son impact dépend de la quantité, de la fréquence, du contexte médical, des traitements, du mode de vie, de la tolérance digestive, du sommeil, du stress, du budget, des habitudes familiales, de la culture alimentaire et même parfois simplement… du fait qu’on déteste les choux de Bruxelles depuis une sombre histoire de cantine en CE2.


Enfin, on applique cela au besoins de chacun ! Du foetus au derniers jours de mamie, de tout sexe, de toute origine, de toute religion, de toute conviction.


Et non, on ne fait pas que de la science pendant ces études.
On apprend aussi la cuisine, la gestion, l’hygiène alimentaire, la restauration collective, la communication… et accessoirement à survivre avec du café  (sans sucre forcement mais quant même avec des petits gateaux) et des fiches de révision.


Alors oui, souvent, une diététicienne vous dira de manger plus de légumes.
Pas par mode ou simple sadisme, mais  car dans énormément de situations, cela fait effectivement partie des clés.

Mais la différence, c’est qu’elle saura vous expliquer pourquoi.

Pourquoi dans votre cas précis.
Pourquoi à ce moment-là.
Pourquoi sous cette forme-là.
Pourquoi en tenant compte de votre santé, de votre rythme de vie, de vos goûts, de votre budget et de votre réalité quotidienne.


Parce qu’entre “il faudrait manger plus de légumes” et réussir réellement à les intégrer dans une vie déjà bien remplie, il y a tout le travail d’accompagnement.

Et ça, tata Suzanne ne le fait pas toujours très bien.

Donc si vous voulez discuter régimes miracles, thé détox et soupe aux choux, libre à vous.
Mais si vous souhaitez le regard d’une professionnelle de santé qui travaille avec un seul objectif : vous aider à atteindre le vôtre, sans vous transformer en personne frustrée mangeant du blanc de poulet vapeur dans la pénombre… alors venez discuter avec une diététicienne.

Ou même un diététicien. Parce que oui, de plus en plus d’hommes rejoignent ce beau métier. Et merci à eux d’ailleurs, qui participent aussi à faire évoluer les clichés autour d’une profession bien plus complexe qu’on ne l’imagine.


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Quand j'ai intégré le Z-Métrix à ma pratique il y a bientôt dix ans, ce n'était pas par effet de mode. C'était une réponse concrète à une limite que je ressentais au quotidien : la balance seule ne raconte qu'une partie de l'histoire. Un chiffre sur un écran ne distingue pas le muscle de la graisse, l'eau de la masse cellulaire. Et pourtant, c'est précisément cette distinction qui change tout dans l'accompagnement d'un patient. Le Z-Métrix est un appareil de bioimpédance multifréquence, et c'est celui que j'utilise en cabinet depuis près d'une décennie. Je tiens à être claire : il n'est pas indispensable à une bonne pratique diététique. Un bilan rigoureux, une anamnèse détaillée et une écoute attentive restent les fondamentaux de mon métier. Mais pour beaucoup de patients, cet outil change quelque chose d'important : il rend visible ce qui était invisible, et objective ce que les mots peinent parfois à faire comprendre. Je dis souvent qu'il vous permet de voir ce qui est dans ma tête : des choses qui me sembles évidentes au vu de vos réponses mais qui ne votre coté est très abstrait. Et quant j'ai un doute, la mesure via le Zmetrix permet de trancher. Sa fiabilité et la lisibilité de ses résultats en font un vrai support de consultation, autant pour moi que pour les personnes que j'accompagne. C'est dans cet esprit que je vous propose une série de trois articles consacrés au Z-Métrix rédigés par Eva Cornet, Ingénieure Biomédicale et Directrice de la division Impédancemétrie chez COSMED France. Le premier,vous explique la technologie dans le détail , avec la précision de celle qui la connaît mieux que quiconque. Les deux articles suivants aborderont son utilité concrète du côté du diététicien, puis l'intérêt réel pour le patient. Bonne lecture.
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