Mon enfant ne mange rien

Laurianne Chignard • 10 avril 2025

Mon enfant ne mange rien : faut-il s’inquiéter ?

C’est une phrase que j’entends très souvent en consultation : « Il ne mange rien ! », « Elle ne touche à rien à table… » Et je comprends parfaitement l’inquiétude qu’elle sous-entend. Lorsqu’un enfant refuse les repas, picore à peine ou repousse son assiette avec une moue dégoûtée, cela peut être déroutant, frustrant, et même angoissant pour un parent. Pourtant, ce comportement est bien plus fréquent qu’on ne l’imagine… et n’est pas toujours inquiétant.

Dans cet article, j’aimerais vous aider à faire le point avec recul, à mieux comprendre ce qui peut se cacher derrière ces refus alimentaires, et vous proposer quelques pistes pour accompagner votre enfant avec bienveillance.

La réalité derrière « il ne mange rien »
Tout d’abord, je vous invite à observer la situation avec un regard objectif. Est-ce que votre enfant ne mange vraiment rien ? Ou mange-t-il moins que ce que vous espériez, ou que ce que vous considérez comme « normal » ? Les jeunes enfants ont souvent un appétit très variable d’un jour à l’autre, voire d’un repas à l’autre. C’est tout à fait physiologique.

Un enfant en bonne santé, qui suit sa courbe de croissance, qui joue, qui dort bien et qui reste globalement tonique… est un enfant qui mange suffisamment pour lui. Même si cela ne correspond pas à nos attentes d’adultes.

Des phases naturelles de néophobie alimentaire
Vers l’âge de 18 mois à 2 ans, de nombreux enfants traversent une période appelée néophobie alimentaire. Il s’agit d’une réticence à goûter de nouveaux aliments, souvent accompagnée d’un repli sur des aliments connus, parfois très restreints. Ce phénomène est normal et a une fonction protectrice sur le plan évolutif : il empêche l’enfant d’ingérer des aliments potentiellement dangereux alors qu’il devient plus autonome.

Cette phase peut durer plusieurs mois, voire quelques années dans certains cas, mais elle finit généralement par s’estomper, surtout si on ne met pas une pression excessive sur l’enfant.

Quand l’angoisse de bien faire génère de la tension
Je rencontre souvent des parents qui, animés par le souci de bien faire, insistent, négocient, menacent ou récompensent pour que leur enfant mange. Or, ces attitudes peuvent générer une tension autour des repas, que l’enfant perçoit très bien.

À force, l’enfant peut associer les repas à un moment désagréable, voire conflictuel, ce qui accentue encore ses refus. Il entre alors dans un cercle vicieux : plus on insiste, plus il refuse.

Il est donc essentiel de restaurer un climat serein à table, sans pression. Votre rôle consiste à proposer. Celui de l’enfant est de disposer.

Quelques repères utiles pour accompagner votre enfant
Je vous encourage à adopter quelques principes simples, qui pourront faire évoluer la situation en douceur :
Servez des portions modestes, quitte à resservir s’il en redemande. Une assiette trop remplie peut décourager.
Proposez des aliments variés, sans vous focaliser sur ce qu’il mange ou laisse.
Évitez de commenter son assiette ou son appétit. Laissez-le maître de ses sensations de faim.
Instaurez des repères horaires réguliers pour les repas et collations, sans grignotage entre les deux.
Impliquez votre enfant dans la préparation des repas. Cela peut éveiller sa curiosité alimentaire.
Et surtout, donnez-lui l’exemple : mangez vous-même avec plaisir et variété.
Et si l’inquiétude persiste ?

Si vous avez le sentiment que la situation dépasse ce qui vous semble tolérable, si votre enfant perd du poids, montre des signes de carence, ou que les repas deviennent systématiquement sources de conflits, n’hésitez pas à consulter. En tant que diététicienne, je suis là pour vous accompagner dans une approche adaptée, respectueuse du rythme de votre enfant et de votre cadre familial.

Je prends toujours le temps d’explorer le contexte global : la croissance, l’environnement des repas, le rythme de vie, les antécédents médicaux, les croyances alimentaires… Car derrière un enfant qui « ne mange rien », il y a souvent une histoire à écouter, et des solutions à co-construire.

 « Un enfant ne se laisse pas mourir de faim »
C’est une phrase que l’on entend régulièrement, parfois pour rassurer, parfois pour dédramatiser. Et il est vrai que, dans la grande majorité des cas, un enfant en bonne santé, sans pathologie associée, finit effectivement par manger ce dont il a besoin si on lui propose un cadre sécurisant et sans pression.
Mais attention, cette affirmation peut aussi être source de confusion, voire de danger, si elle est érigée en vérité universelle.
Certains enfants, en effet, présentent de vraies difficultés médicales ou développementales qui peuvent impacter leur alimentation de manière profonde. Je pense notamment aux enfants atteints de troubles de l’oralité alimentaire. Ces troubles, souvent méconnus, se traduisent par une hypersensibilité au niveau de la bouche, une difficulté à mâcher ou avaler, une peur du contact avec certains aliments, ou encore un dégoût très marqué pour certaines textures.
Dans ces cas-là, non, l’enfant ne mangera pas « quand il aura faim », parce que l’acte de manger en lui-même est associé à un inconfort, voire à une douleur ou une angoisse.
Il est donc essentiel de faire la différence entre une phase de néophobie passagère et un trouble plus profond nécessitant un accompagnement pluridisciplinaire.

Parmi les signes qui doivent alerter :
  • une perte de poids ou une cassure de la courbe de croissance,
  • des vomissements fréquents,
  • un refus persistant de certaines textures (aliments mous, solides, croquants...),
  • une très grande sélectivité alimentaire depuis la diversification,
  • un rejet du biberon, de la cuillère ou du verre, même après plusieurs tentatives.
Dans ce type de situation, il ne faut ni banaliser, ni attendre que « ça passe tout seul ». Un bilan auprès d’un professionnel de santé formé à ces troubles (orthophoniste, ergothérapeute, pédiatre, diététicien spécialisé) est nécessaire pour comprendre l’origine des difficultés et mettre en place un accompagnement adapté.



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par Laurianne Chignard 22 avril 2026
Après avoir décrypté le fonctionnement biologique des analogues du GLP-1, une question essentielle se pose en consultation : comment bien manger quand l'appétit disparaît presque totalement ? Sous l'effet du Wegovy ou du Mounjaro, le risque n'est plus de trop manger, mais de sombrer dans une dénutrition invisible qui fatiguerait votre corps et fragiliserait vos muscles. La priorité absolue : protéger votre capital musculaire La perte de poids sous GLP-1 peut être spectaculaire, mais elle est parfois trop rapide pour l'organisme. Si vous ne consommez pas assez de protéines, votre corps ira puiser dans ses propres réserves musculaires pour fonctionner. C'est ce que nous voulons éviter à tout prix, car une perte de muscle ralentit votre métabolisme de base et rend la stabilisation du poids beaucoup plus difficile à l'arrêt du traitement. Dans votre assiette, la protéine doit donc devenir la pièce maîtresse. Je conseille souvent de commencer chaque repas par sa source protéinée, qu'elle soit animale comme une viande maigre, un poisson ou un œuf, ou végétale avec des légumineuses bien préparées. L'objectif est de maintenir une densité nutritionnelle élevée : puisque vous mangez de petits volumes, chaque bouchée doit être réellement "utile" à votre corps. Un suivi précis grâce au bilan de composition corporelle Pour ne pas avancer à l'aveugle, je propose systématiquement au cabinet un bilan de masse corporelle lors de nos rendez-vous. Cet outil est bien plus révélateur que le simple chiffre affiché sur une balance classique. Il nous permet de suivre avec précision l'évolution de votre masse grasse, mais surtout de surveiller le maintien de votre masse musculaire et votre niveau d'hydratation. C'est ce suivi scientifique qui nous permet d'ajuster votre alimentation en temps réel. Si nous constatons que vos muscles s'affaiblissent, nous renforçons les apports nutritionnels spécifiques avant que la fatigue ne s'installe. Cette transformation physique doit être harmonieuse pour être durable. L'indispensable adaptation à votre réalité quotidienne Ces principes restent des règles générales qu'il est impératif d'adapter à la réalité de votre vie. Je sais que vos journées ne se limitent pas à une liste de nutriments : vous avez des convictions alimentaires, des contraintes professionnelles parfois denses et une vie familiale à préserver. Manger doit rester un acte social et un plaisir, même sous traitement. Mon rôle est de vous aider à traduire ces besoins biologiques dans votre quotidien. Que vous déjeuniez sur le pouce entre deux réunions ou que vous partagiez un dîner en famille, nous cherchons ensemble des solutions concrètes pour que votre assiette respecte vos valeurs et vos obligations, sans jamais devenir une source de stress supplémentaire. Mon regard de professionnelle sur la densité nutritionnelle L'erreur la plus fréquente serait de se contenter de bouillons ou de salades légères sous prétexte que l'on n'a pas faim. Il ne s'agit pas de suivre un "régime" de plus, mais d'adapter votre alimentation à une nouvelle réalité biologique temporaire. En travaillant ensemble, nous veillons à ce que cette perte de poids ne se fasse pas au détriment de votre vitalité ou de l'éclat de votre peau, véritables reflets de votre santé intérieure. La semaine prochaine, nous aborderons le dernier volet de notre série, un sujet crucial pour la pérennité de vos efforts : comment préparer l'après-traitement et réussir sa stabilisation sans l'aide de la molécule ?
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Vous souhaitez entamer un suivi diététique et vous vous demandez comment en financer tout ou partie ? C'est une question que mes patients me posent très régulièrement au cabinet. La bonne nouvelle, c'est que plusieurs dispositifs existent, allant des programmes de prévention entièrement gratuits aux solutions de remboursement complémentaires comme Elsee, en passant par les mutuelles classiques. Et depuis peu, un nouveau texte réglementaire ouvre des perspectives importantes pour les personnes en situation d'obésité complexe. Voici un tour d'horizon complet pour vous aider à trouver la formule la plus adaptée à votre situation.
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Cette semaine, le gouvernement français a dévoilé la nouvelle version du Programme National Nutrition Santé : le PNNS 5 (2026-2030). Ce programme, pilier des politiques de santé publique depuis plus de 20 ans, marque une évolution importante dans la manière d’aborder l’alimentation, l’activité physique et plus largement notre mode de vie. Je vous propose de décrypter les grandes orientations de cette nouvelle version, et surtout ce que cela change concrètement pour vous. Une vision plus globale de la santé Le PNNS a toujours eu pour objectif d’améliorer l’état de santé de la population en agissant sur la nutrition, entendue comme l’alimentation, mais aussi l’activité physique et la sédentarité. Avec cette nouvelle version, on observe un changement de paradigme : la nutrition n’est plus envisagée seule. Elle s’inscrit désormais dans une approche plus large, intégrant les enjeux environnementaux, sociaux et comportementaux. Le PNNS 5 s’inscrit ainsi dans une stratégie globale qui relie santé humaine, environnement et système alimentaire, avec une ambition claire : favoriser une alimentation à la fois saine, durable et accessible à tous. Des priorités de santé publique renforcées Plusieurs axes forts émergent dans cette nouvelle feuille de route. La prévention des maladies chroniques reste centrale, avec un travail renforcé sur les facteurs nutritionnels impliqués dans des pathologies comme l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Le PNNS 5 met également davantage l’accent sur certains publics spécifiques, comme les femmes enceintes, les jeunes enfants ou les personnes âgées, notamment dans une logique de prévention de la dénutrition. Enfin, la réduction des inégalités sociales en matière d’alimentation apparaît comme un enjeu prioritaire, avec la volonté d’améliorer l’accès à une alimentation de qualité pour tous. L’environnement alimentaire au cœur des actions L’une des évolutions majeures de ce nouveau programme est le déplacement du regard : il ne s’agit plus uniquement d’informer, mais aussi de transformer l’environnement dans lequel les choix alimentaires sont réalisés. Cela se traduit par des actions sur l’offre alimentaire, l’information au consommateur, mais aussi sur la régulation du marketing, en particulier auprès des enfants. Cette approche est essentielle, car les comportements alimentaires sont largement influencés par le contexte de vie, et ne reposent pas uniquement sur la motivation individuelle. Une place accrue pour l’activité physique… et la lutte contre la sédentarité Le PNNS 5 renforce la promotion de l’activité physique tout en mettant l’accent sur la réduction de la sédentarité, notamment liée au temps d’écran. Cette double approche est cohérente avec les connaissances actuelles : il est possible d’être actif, tout en restant trop sédentaire au quotidien. Une alimentation plus durable Le programme intègre désormais pleinement les enjeux environnementaux. Il encourage une alimentation plus durable, en favorisant des produits de meilleure qualité, en soutenant des systèmes alimentaires plus responsables et en luttant contre le gaspillage. Faciliter l’accès au soin diététique : une avancée… encore incomplète Le PNNS 5 reconnaît clairement la nécessité de faciliter l’accès au soin diététique pour la population. C’est un point important, et attendu de longue date. Cependant, dans les faits, cette ambition reste encore incomplète. Les diététiciens, professionnels spécifiquement formés à la prise en charge nutritionnelle, ne sont toujours pas pleinement intégrés dans le parcours de soin coordonné. L’accompagnement nutritionnel, qui constitue pourtant le cœur de leur métier, continue d’être en partie délégué à d’autres professionnels de santé. Or, ces derniers ont déjà des champs de compétences larges et des contraintes importantes liées à leurs propres missions. Leur confier davantage la prise en charge nutritionnelle peut poser la question de la qualité, du temps disponible et de la spécialisation. Cette situation crée un paradoxe : d’un côté, le programme reconnaît l’importance du soin diététique, mais de l’autre, il ne mobilise pas pleinement les professionnels les plus qualifiés pour le délivrer. L’enjeu des prochaines années sera donc probablement d’aller plus loin, en structurant un véritable parcours de soin intégrant les diététiciens comme acteurs de premier recours en nutrition. Ce qu’il faut retenir en pratique Ce nouveau PNNS ne révolutionne pas les recommandations nutritionnelles, mais il transforme profondément la manière dont elles vont être mises en œuvre. On passe progressivement d’une logique centrée sur les conseils individuels à une approche globale, qui agit aussi sur l’environnement, les politiques publiques et les inégalités. Mon regard de diététicienne Ce nouveau programme va dans le bon sens. Il reconnaît que manger équilibré ne dépend pas uniquement de la volonté individuelle, mais aussi de nombreux facteurs extérieurs. Il ouvre la voie à des actions plus concrètes et plus structurelles. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir pour que le soin diététique trouve pleinement sa place dans le système de santé. De mon côté, cela renforce ma conviction : pour accompagner efficacement, il est essentiel de prendre en compte à la fois vos habitudes alimentaires, votre quotidien, et l’ensemble de votre environnement.
par Laurianne Chignard 8 avril 2026
Après avoir abordé le cadre légal et financier de ces nouveaux traitements, il est temps de soulever une question qui me tient particulièrement à cœur : pourquoi, alors que nous parlons de nutrition et de métabolisme, le rôle du diététicien est-il si souvent relégué au second plan dans les protocoles officiels ? En 2026, si l’ouverture de la prescription s’est élargie à un plus grand nombre de médecins, le constat sur le terrain est inquiétant. De nombreux patients repartent avec une ordonnance pour du Wegovy ou du Saxenda, mais avec des conseils associés extrêmement inégaux. La loterie du conseil nutritionnel Selon le praticien que vous consultez, l'accompagnement peut aller du suivi très pointu à... rien du tout. Pire encore, certains reçoivent des conseils inappropriés, voire contre-productifs. Car non, la nutrition ne se limite pas à "manger plus de légumes" ou "réduire les portions". C'est un métier à part entière qui demande une expertise fine, d'autant plus quand une molécule vient modifier chimiquement vos signaux biologiques. Recevoir une prescription sans un plan nutritionnel adapté, c'est être propulsé dans un changement corporel majeur sans mode d'emploi. Un parcours de soin lacunaire : la responsabilité du patient Aujourd'hui, il faut le dire clairement : la consultation diététique n'est pas obligatoire dans le parcours de soins lié à la prise de GLP-1. C'est une faille majeure de notre système de santé qui, en ne remboursant pas systématiquement cet accompagnement, laisse le patient seul face à ses injections. En attendant que les politiques de santé évoluent, il en va de la responsabilité de chaque patient de prendre son obésité pour ce qu'elle est : une maladie chronique. On ne soigne pas une pathologie complexe et durable avec une solution de facilité ou un simple "coupe-faim" chimique. Pour obtenir des résultats qui ne s'évaporent pas à l'arrêt du traitement, il est indispensable d'adopter une stratégie complète : médicale, émotionnelle et, bien sûr, nutritionnelle. Gérer l'invisible : au-delà de la balance L’alimentation sous analogues du GLP-1 n'est pas seulement une question de perte de poids ; c'est votre premier levier pour réguler les effets secondaires et protéger votre santé : Combattre la fatigue et préserver les muscles : La perte de poids peut être si fulgurante qu’elle entraîne une fonte musculaire sévère. Sans un ajustement précis des apports en protéines, vous risquez de vous affaiblir durablement. Apaiser le système digestif : Nausées, reflux ou ralentissement du transit sont fréquents. Des ajustements alimentaires ciblés permettent souvent de mieux tolérer le traitement au quotidien. Éviter les carences : Quand l'appétit disparaît, chaque bouchée doit compter. Je vous aide à densifier vos repas pour que votre corps ne manque de rien. Mon regard de professionnelle Le diététicien n'est pas une option "en plus" ; c'est le garant de la sécurité et de la pérennité de votre parcours. Mon rôle est de transformer cette aide médicamenteuse en un succès durable, en vous donnant les clés de compréhension que la chimie seule ne peut pas vous offrir. La semaine prochaine, nous entrerons dans le vif du sujet scientifique : comment ces molécules agissent-elles concrètement sur votre corps et votre cerveau ?
par Laurianne Chignard 31 mars 2026
Après avoir évoqué l’engouement médiatique autour de molécules comme le Wegovy ou le Mounjaro , il est temps de redescendre sur terre. En France, l’accès à ces traitements est strictement encadré par la loi et par des critères médicaux précis. Pour beaucoup, le frein n’est pas seulement de santé, il est aussi financier. Comprendre les molécules : de quoi parle-t-on ? Il est facile de s'y perdre entre les noms commerciaux. Voici un petit tableau pour y voir plus clair sur les principaux traitements disponibles ou en cours de déploiement en 2026 :
30 mars 2026
Après avoir évoqué les coulisses du cadre légal et l’importance capitale d’un suivi diététique, entrons aujourd’hui dans le vif du sujet : la biologie. Si les noms de Wegovy, Ozempic ou Mounjaro sont sur toutes les lèvres, peu de personnes savent réellement comment ces molécules agissent une fois injectées. Comprendre le mécanisme de ces "analogues", c’est aussi comprendre pourquoi votre comportement alimentaire change et pourquoi certains effets secondaires apparaissent. Une hormone naturelle "augmentée" pour piloter votre métabolisme À l'état naturel, notre intestin sécrète une hormone appelée GLP-1 juste après avoir mangé. Son rôle est de signaler à notre corps que l'apport d'énergie est suffisant. Les médicaments que nous utilisons en 2026 sont des "analogues" : ils miment cette hormone, mais avec une puissance et une durée d'action bien supérieures. Là où notre hormone naturelle disparaît en quelques minutes, la molécule injectée reste active dans votre organisme pendant plusieurs jours, agissant comme un véritable chef d'orchestre sur trois fronts simultanés. Tout d'abord, la molécule cible directement l'hypothalamus, le centre de contrôle de l'appétit dans votre cerveau. Elle "éteint" littéralement les pensées obsédantes liées à la nourriture, ce que mes patients appellent souvent le food noise. Vous ne mangez plus par automatisme ou par envie irrépressible, mais uniquement par besoin réel. En parallèle, le médicament ralentit mécaniquement le passage des aliments de l'estomac vers l'intestin. Votre estomac reste plein plus longtemps, ce qui explique qu'une petite portion suffise désormais à vous rassasier pour plusieurs heures. Enfin, le GLP-1 stabilise votre glycémie en régulant la production d'insuline et de glucagon par le pancréas, évitant ainsi les pics de sucre qui provoquent habituellement les fringales. Une montée en charge progressive et un budget à anticiper Comme vous pouvez le voir sur le schéma de prescription, le traitement ne commence jamais à pleine puissance pour laisser le temps à votre corps de s'adapter. On débute généralement par une dose d'initiation de 2,5 mg pendant les quatre premières semaines. Le médecin peut ensuite augmenter le dosage par paliers jusqu'à atteindre potentiellement 15 mg. Cependant, il n'est pas obligatoire de viser la dose maximale. Si une dose intermédiaire régule efficacement votre appétit tout en préservant votre confort de vie, il est tout à fait possible de s'y stabiliser. Cette progression a toutefois un impact non négligeable sur votre budget. Si le premier stylo à 2,5 mg se trouve aux alentours de 200 € en pharmacie pour un mois de traitement, le prix grimpe parallèlement au dosage. Pour les doses les plus élevées, la facture peut s'approcher des 400 € par mois. C'est un paramètre financier essentiel à anticiper dans votre parcours de soin, d'autant que le rythme de la molécule impose une certaine gestion de votre quotidien. Les effets secondaires, comme les nausées ou le ralentissement du transit, sont souvent plus marqués le jour de l'injection et les 48 heures suivantes, avant de diminuer progressivement au fil de la semaine. Mon regard de professionnelle sur cette "fenêtre de calme" Comprendre cette biologie, c'est réaliser que ces traitements ne sont pas des brûleurs de graisse passifs, mais de puissants modulateurs de comportement. Ils vous offrent une pause dans la lutte contre la faim, mais la chimie ne fait malheureusement pas la distinction entre la perte de graisse et la perte de muscle. Elle ne vous apprend pas non plus à identifier les besoins émotionnels qui se cachent parfois derrière une envie de manger. C'est tout l'enjeu de notre travail ensemble au cabinet. Nous utilisons cette "fenêtre de calme" biologique pour reconstruire une relation saine et consciente avec votre assiette. Mon rôle est de veiller à ce que cette transformation soit durable, en protégeant votre capital santé et votre vitalité. La semaine prochaine, nous passerons à la pratique en abordant une question cruciale : que mettre concrètement dans son assiette pendant le traitement pour optimiser les résultats tout en évitant la fatigue et la perte musculaire ?
par Laurianne Chignard 27 mars 2026
L’axe intestin-cerveau suscite beaucoup d’intérêt… mais aussi parfois des incompréhensions. En consultation, j’entends encore souvent cette phrase : “on m’a dit que c’était dans ma tête”. Derrière ces mots, il y a souvent un sentiment d’invalidation, voire de découragement. Je tiens à être très claire : oui, les émotions peuvent influencer le fonctionnement digestif. Mais non, cela ne signifie absolument pas que les symptômes sont “imaginaires”. Le ressenti est réel, les mécanismes sont biologiques, et la prise en charge mérite d’être sérieuse et globale. Un dialogue permanent entre intestin et cerveau L’intestin et le cerveau sont en communication constante. Ce dialogue repose notamment sur le système nerveux, les hormones et le système immunitaire. Ainsi, une période de stress, d’anxiété ou de surcharge mentale peut modifier la motricité intestinale, la sensibilité digestive ou encore les sécrétions digestives. Cela peut se traduire par des douleurs, des ballonnements, des troubles du transit ou une sensation d’inconfort diffus. Dans ce contexte, dire que “c’est psychologique” est à la fois vrai… et très incomplet. Ce que j’observe en pratique, c’est que l’origine peut être émotionnelle, mais les conséquences, elles, sont bien physiques. Autrement dit, vous ne “fabriquez” pas vos symptômes : votre corps réagit. Quand le psychisme impacte réellement l’intestin Le stress chronique, par exemple, peut entraîner une hyperactivation du système nerveux, ce qui perturbe directement le fonctionnement digestif. On observe notamment une hypersensibilité intestinale, des troubles du transit et parfois une altération de la barrière intestinale. Ces phénomènes sont aujourd’hui bien décrits dans la littérature scientifique et expliquent pourquoi certains troubles digestifs existent sans lésion visible. Cela ne rend pas ces troubles “moins vrais”. Au contraire, cela montre que le corps et le cerveau sont intimement liés. Le microbiote : un acteur clé… aussi pour le mental Depuis quelques années, les recherches sur le microbiote intestinal ouvrent des perspectives très intéressantes. Certaines bactéries intestinales participent directement ou indirectement à la production de sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, du sommeil et de l’anxiété. On estime d’ailleurs qu’une grande partie de la sérotonine de l’organisme est produite au niveau intestinal. Plus encore, certaines études montrent que les métabolites produits par le microbiote (comme les acides gras à chaîne courte) peuvent moduler le système sérotoninergique intestinal et influencer des fonctions à la fois digestives et neurologiques. Cela signifie que l’état de votre microbiote peut avoir un impact, indirect mais réel, sur votre équilibre psychique. Une relation dans les deux sens Ce qui est essentiel à comprendre, c’est que la relation intestin-cerveau fonctionne dans les deux sens. Le stress peut perturber l’intestin. Mais l’état de l’intestin peut aussi influencer le mental. La sérotonine apparaît d’ailleurs comme un médiateur central dans cette communication entre microbiote, intestin et cerveau. On commence même à explorer des pistes thérapeutiques autour du microbiote pour améliorer certains troubles digestifs… mais aussi certains troubles de l’humeur. Ces résultats restent encore en construction, mais ils ouvrent des perspectives très concrètes. L’alimentation comme point d’appui Dans cette approche, l’alimentation reste un levier majeur. Elle permet de soutenir la diversité du microbiote, de favoriser la production de métabolites bénéfiques et de participer à la régulation de l’inflammation. Je veille toujours à proposer des ajustements progressifs, sans rigidité excessive. L’objectif est d’apaiser, pas de contraindre davantage. Une approche plus juste et plus rassurante Comprendre l’axe intestin-cerveau permet souvent de changer de regard sur ses symptômes. Non, ce n’est pas “juste dans la tête”. Oui, le psychisme peut être un point de départ… mais les répercussions sont bien physiques. Et inversement, agir sur l’intestin peut aussi contribuer à améliorer le bien-être global. Ce que je souhaite que vous reteniez Les troubles digestifs sont souvent multifactoriels. Ils ne relèvent ni uniquement du corps, ni uniquement du mental. C’est précisément cette interaction qui les rend parfois complexes… mais aussi accessibles à une prise en charge globale, progressive et personnalisée. Pour aller plus loin (études scientifiques) Si vous souhaitez approfondir, voici quelques publications accessibles qui explorent le lien entre microbiote intestinal et sérotonine : Serotonin and the gut microbiome: pathways and health implications Gut microbiota-derived metabolites regulate serotonin system Crosstalk between serotonin and the microbiota–gut–brain axis Ces travaux montrent notamment que le microbiote peut moduler la production et l’activité de la sérotonine, renforçant l’idée d’un dialogue étroit entre intestin et cerveau.
par Laurianne Chignard 24 mars 2026
Il est aujourd’hui presque impossible de naviguer sur les réseaux sociaux, de TikTok à Instagram, sans croiser le témoignage d’une célébrité ou d’un influenceur vantant les mérites d'une "perte de poids fulgurante". Derrière ces vidéos virales se cachent les analogues du GLP-1, ces molécules comme le Wegovy, le Saxenda ou encore l’Ozempic et le Mounjaro, qui bouleversent actuellement la prise en charge de l’obésité à travers le monde. En tant que diététicienne-nutritionniste, je constate chaque jour au cabinet l’immense curiosité, mais aussi les nombreuses craintes que ces traitements suscitent chez vous. Si la science progresse, elle ne doit pas faire oublier l'essentiel : votre corps a besoin d'un cadre protecteur pour que ces changements soient durables et sans danger. Une série pour y voir plus clair Face à l’avalanche d’informations , parfois contradictoires, circulant en ligne, j'ai décidé de consacrer les prochaines semaines à décrypter ce sujet pour vous. Chaque semaine, nous explorerons ensemble une facette différente de cette révolution médicale pour que vous puissiez redevenir acteur de votre santé. Voici le programme de nos rendez-vous hebdomadaires : Le cadre légal en France : Nous débuterons par un point essentiel sur les conditions de prescription. Qui peut réellement y prétendre en 2026 et quel est le parcours de soin officiel ? La position de ma profession : Pourquoi le rôle du diététicien est-il le grand oublié des protocoles actuels ? Nous parlerons du coût de ces parcours pour les patients et de l'importance capitale d'un suivi pour éviter l'effet rebond à l'arrêt du traitement. L’assiette pendant et après le traitement : Puisque l’appétit diminue drastiquement, comment s'assurer que chaque bouchée vous apporte l'énergie nécessaire ? Nous verrons aussi comment stabiliser votre poids sur le long terme. Gare aux "analogues" du grand public : Pour clore cette série, nous ferons la lumière sur les patchs ou compléments alimentaires vendus en ligne. Que valent ces promesses de "solutions naturelles" face à la réalité scientifique ? Bien plus qu'une simple injection L'engouement actuel pour les analogues du GLP-1 ne doit pas occulter une vérité fondamentale : une molécule ne remplace pas l'apprentissage des signaux de faim, la gestion des émotions ou le plaisir de bien manger. Mon rôle est de vous accompagner pour que ces outils médicaux soient une étape vers un mieux-être global, et non une solution éphémère. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour notre premier sujet : comprendre le parcours de prescription en France et savoir si ce dispositif est adapté à votre situation.